
Air
Détection de COV : des appareils fiables
Les résultats d'une campagne d'essais de l'Inéris sur les détecteurs PID (détecteurs à photo-ionisation) destinés à mesurer les COV dans l'air s'avèrent rassurants quant à la fiabilité des appareils commercialisés. Les travaux ont cependant souligné que des précautions d'usage sont à respecter pour pallier les aléas de mesure liés à certains facteurs externes.
Les détecteurs PID sont très largement utilisés pour surveiller les concentrations en composés organiques volatils, tant dans les milieux de travail pour surveiller les expositions humaines que pour le suivi des émissions impactant l'environnement. Leur niveau de fiabilité par rapport aux données constructeurs est donc un point primordial pour garantir leur fonction de protection des hommes et de l'environnement. C'est la raison pour laquelle une campagne d'essais a été menée en 2010 et 2011 par l'Inéris, financée par le ministère chargé de l'écologie et l'Association des exploitants d'équipements de mesure, de régulation et d'automatismes (Exera). Elle a porté sur cinq appareils, des PID seuls ou des PID intégrés dans des analyseurs multigaz, et dans des conditions à la fois de laboratoire (banc d'essais spécialement conçu) et sur site industriel. La bonne nouvelle est que les essais mettent en évidence une bonne fiabilité des appareils. Les facteurs de réponse mesurés sont globalement comparables à ceux fournis par les fabricants, avec "en moyenne des écarts de l'ordre de 20 %, ce qui est considéré comme acceptable au regard des incertitudes relatives à la méthode de génération et d'analyse des gaz d'essai et de la méthode de détermination des facteurs de réponse". Les travaux ont cependant mis en exergue l'impact des variations des conditions ambiantes (température, humidité et pression) sur la réponse des appareils. Ainsi, l'influence de l'humidité est d'autant plus marquée que la température est élevée. Par ailleurs, le retour à zéro des détecteurs a parfois été significativement augmenté (jusqu'à deux heures), sachant que les temps de réponse et de récupération sont aussi très variables d'un type d'appareil à l'autre et d'une substance à l'autre*. Tout cela signifie donc que l'usage des appareils et surtout l'interprétation des données générées par les PID doivent être faits avec précaution, par des professionnels avertis capables de réaliser une analyse critique de l'information.
* les essais ont été menés systématiquement sur cinq COV couramment présents en milieu industriel : l'acétate d'éthyle, le butanone, l'isopropanol, le toluène et le tétrachloroéthylène. Certains essais ont également inclus le chlorure de vinyle, le benzène, le méthanol et l'acrylonitrile.
Publié le 11 mai 2012 09:33:59
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