Dans de cadre de travaux soutenus par l'administration Obama, des chercheurs du Montana State University aux Etats-Unis ont mis en évidence l'effet catalyseur du biocarbonate de sodium sur la production de lipides dans les micro-algues. Des résultats qui laisse présager des gains de productivité conséquents sur la filière de biocarburants d'origine algale.
Le bicarbonate de sodium, communément utilisé en cuisine mais également connu dans le traitement des fumées d'incinération, pourrait trouver une autre application prometteuse dans la filière de biocarburants. Des chercheurs américains membres du Algae Biofuels Group de la MSU (Montana State University) ont en effet montré que si l'on ajoute ce composé à un moment précis du cycle de croissance des algues, il permet la production de deux à trois plus d'huile et ce en deux fois moins de temps que pour les modèles de croissance et de production conventionnels. Ces résultats ont été observés pour trois espèces d'algues différentes : deux espèces d'algues brunes (Phaeophyceae) et une espèce d'algue verte.
On savait déjà que les algues photosynthétiques sont capables sous certaines conditions de stress, telles qu'une forte intensité lumineuse ou une faible concentration en nutriments, d'accumuler de grandes quantités de triacylglycérols (30 à 60 % de matières sèches). Ce composé qui est produit naturellement par certaines algues est le précurseur principal de la production de biocarburant, mais on connait encore mal le métabolisme et les mécanismes de répartition du carbone entre les lipides et les glucides. D'où l'intérêt de ces nouveaux travaux américains qui apportent des éléments de réponse. L'hypothèse retenue par les chercheurs est que l'effet catalytique du bicarbonate de sodium serait sa capacité à permettre aux algues d'assimiler plus de dioxyde de carbone et ce, à un moment précise de son cycle de vie.
Les résultats sont en tous cas plus que prometteurs puisque la réduction du temps nécessaire à la production d'huile serait non seulement une source de gain de productivité, mais limiterait aussi les risques de contamination des milieux de culture des algues. Autre point intéressant, les résultats ayant été obtenus sur trois espèces d'algues qui ne sont pas proches d'un point de vue phytogénétique, ils devraient être applicables à d'autres espèces d'algues. Reste maintenant pour l'équipe américaine à approfondir la méthode, démarche qu'ils souhaitent mener en collaboration avec une entreprise et breveter. Une publication sur ces travaux devrait être faite d'ici quelques semaines dans le Journal of Phycology.