
Agronomie / Espaces verts
Croissance et défenses naturelles : les plantes face à un dilemme
Une très intéressante recherche menée par des biologistes et écologistes suisses de l'Université de Zürich, en partenariat avec des confrères américains, montre que la forte croissance des plantes agricoles va souvent de paire avec une réduction des défenses naturelles et donc une nécessité d'augmenter les utilisations d'insecticides.
La recherche de productivité pour les plantes est un enjeu crucial depuis la nuit des temps pour répondre aux enjeux d'autonomie alimentaire et de rentabilité. La sélection de plantes à croissance rapide n'est cependant pas nécessairement un atout au plan environnemental. Des chercheurs suisses de l'Université de Zürich en partenariat avec des confrères américains ont en effet démontré que cette plus forte croissance se faisait au détriment des mécanismes de défense naturelle des plantes. Pour se défendre contre les insectes et autres nuisibles, les plantes ont au fil de l'évolution développé des stratégies de défense, allant des épines ou des poils foliaires aux sécrétions de substances toxiques. Mais ces défenses ne semblent plus aussi efficaces en cas de croissance rapide. Les chercheurs suisses ont en effet montré l'antagonisme entre protection intrinsèque des plantes et croissance. Une plante sans défense (en l'occurrence pour les essais, des plantes mutantes dont on a supprimé les mécanismes de défense naturelle) croît en effet beaucoup plus vite, mais avec le revers de la médaille que les pucerons s'y développent beaucoup plus vite qu'une plante, à croissance plus lente, mais au système "immunitaire" intact. Il est ainsi acquis que les plantes à croissance plus rapide apportent plus de ressources dans un même délai aux herbivores que les plantes à croissance lente. L'étude montre aussi que la résistance naturelle est souvent incompatible avec la croissance rapide des plantes. Des résultats qui prennent toute leur importance en matière de gestion des cultures, puisque les plantes qui ont été sélectionnées pour leur fort rendement, ont par conséquence une plus faible résistance naturelle aux herbivores et nécessitent donc un apport en insecticides plus important. Ces travaux ont été menés sur des modèles d'Arabidopsis Thaliana. Contact : Tobias Züst, tobias.zuest@ieu.uzh.ch
Publié le 31 janvier 2011 12:50:30
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