
Déchet - Energie
Co-méthanisation : Inauguration de Capik
Le projet normand de méthanisation territoriale, porté par Ikos Environnement (groupe Lhotellier) avec la coopérative Cap Seine, et baptisé Capik, est opérationnel. Il a été inauguré le 14 avril alors que l'unité est encore en phase de montée en charge. Un projet qui n'est que le premier d'une série pour le groupe Ikos et ses partenaires.
Dans un paysage énergétique normand très diversifié, avec la forte présence de la filière fossile (les raffineries), de l'énergie nucléaire (centrales existantes et en projet), de l'éolien terrestre et surtout offshore dans le futur, le projet de cométhanisation Capik mené une soixantaine de kilomètres au Nord de Rouen dans le Pays de Bray vient naturellement compléter le panel technologique régional. Un élargissement du "bouquet énergétique" qui a été salué par Alain le Vern et Didier Marie, respectivement les présidents du Conseil régional et du Conseil général. Le projet Capik reste surtout l'un des premiers projets de méthanisation territoriale français à aboutir, démontrant la pertinence de l'approche mutualisée de traitement de déchets et de production d'énergie. Le site Capik à Fresnoy-Folny traitera en effet environ 20 000 tonnes/an de sous produits agricoles, de déchets organiques provenant de l'industrie agro-alimentaire et des collectivités locales (boues de stations d'épuration), pour produire du biogaz, valorisé sous forme électrique et de chaleur, et des fertilisants pour les agriculteurs de la coopérative Cap Seine, partenaire majeur du projet. La puissance électrique installée représente 500 kW issus du process de méthanisation (installé par Naskéo Environnement) mais est complétée de 500 kW supplémentaires produits grâce à la récupération du biogaz de la décharge voisine gérée par Ikos Environnement. Cette valorisation énergétique est gérée par Verdesis. Quant à la chaleur, elle est utilisée dans le process, pour maintenir en température les réacteurs de méthanisation et pour les opérations de séchage des digestats (mise en place par le bureau d'études EPO avec la technologie Scolari). On notera à ce sujet le choix d'un procédé de séchage qui permet de s'affranchir d'une première déshydratation mécanique des digestats grâce à une recirculation d'une partie des produits séchés en début de cycle de séchage. L'autre particularité de cette partie de l'installation est l'utilisation de tous les gaz chauds disponibles sur le site, grâce à un mélangeur mixant les gaz d’échappement des moteurs, les fumées de chaudières, de l'air chaud issu de l'échangeur sur l’eau chaude de cogénération ou encore l'air vicié issu du dépotage. La récupération de l'air vicié permet en plus de n'avoir en sortie qu'une seule unité d'abattement des odeurs qui est pilotée en lien direct avec le débit d'air du sécheur afin de pouvoir produire du sulfate d'ammonium, qui est lui aussi un engrais. Ainsi, l'unité Capik est pensée pour optimiser tous les flux, être totalement autonome et n'avoir aucun déchet final. La réussite de ce projet donne bien sûr des idées à Ikos Environnement qui envisage de renouveler l'expérience. Un arrêté préfectoral a d'ailleurs été obtenu pour un projet à Tours : les travaux devraient donc démarrer prochainement. L'entreprise regarde également avec son partenaire Cap Seine les opportunités de créer des unités de méthanisation à la ferme qui pourraient être complétées par des apports de déchets méthanogènes externes. Pour Naskéo Environnement, cette unité est aussi la plus importante de ses références et devrait être suivie d'autres projets de même ampleur très prochainement. Les travaux pour une unité équivalente de 500 kWe près d'Orléans doivent d'ailleurs démarrer d'ici quelques semaines. Quant à la technologie de séchage sur tapis de Scolari, elle trouve ici une belle référence française, plusieurs contacts étant pris pour d'autres réalisations auprès des acteurs de la méthanisation.
Publié le 16 avril 2011 19:02:50
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