
Energie - Solaire thermique
Le solaire thermodynamique pour un réseau de chaleur
Cofely, groupe GDF Suez, vient de présenter le projet de réseau de chaleur qui sera construit pour 2012 dans la proche banlieue de Toulouse, à Balma, et dont la particularité sera d'être alimenté pour partie par une installation solaire thermique basse température, en complément d'une centrale biomasse et d'un appoint par énergie fossile. Une première en France, avec une technologie développée par une start-up niçoise, SAED.
L'objectif poursuivi par Cofely pour son projet toulousain de réseau de chaleur sur la commune de Balma était de proposer une alimentation en énergie propre. Le choix s'est donc porté sur une centrale à biomasse, fonctionnant au bois, mais plus original également sur une centrale solaire thermique. Après avoir consulté plusieurs offres du marché en matière de solaire thermodynamique, Cofely et son partenaire bureau d'études Holisud ont fait le choix d'une technologie simple et robuste mise au point par une start-up niçoise, SAED, fondée en 2008. Sophia-Antipolis Energie Développement a en effet conçu, au départ pour les pays en voie de développement mais aussi pour tous les sites où le solaire à concentration ne pouvait pas convenir, une solution de production d'énergie solaire thermique à basse température (80 à 130 °C) mettant en oeuvre une base technique connue, celle des tubes sous vide. L'intérêt de cette approche est son coût bien inférieur aux technologies connues de solaire à concentration (Fresnel ou paraboles). Les composants de base, les tubes sous vide verre-verre à couche absorbante sélective et avec un caloduc, sont en effet produits à l'échelle industrielle. SAED a cependant optimisé le système par des dispositifs propres à l'entreprise (et qui ont fait l'objet de 4 brevets) pour améliorer le rendement de l'installation. Le résultat est la possibilité de sortir une eau à 130 °C dont on peut récupérer les calories pour du chauffage ou de l'eau chaude, mais aussi pour produire de l'électricité. Dans le cas du projet de Toulouse, il ne s'agit que de valoriser la chaleur, mais SAED a déjà fait la démonstration (sur un pilote implanté depuis cet hiver à l'Ecole des Mines de Paris à Sophia-Antipolis) de la faisabilité du couplage de son système thermique à une machine ORC (Cycle organique de Ranking) pour produire de l'électricité. L'autre particularité de l'offre SAED est d'associer à sa production thermique solaire un système de stockage de l'énergie pour décaler la restitution de la chaleur (ou de l'électricité quand c'est prévu) dans les périodes où s'expriment les besoins (pas nécessairement au moment de l'ensoleillement). L'installation de Balma comportera ainsi une capacité de stockage intermédiaire. Pour SAED, Balma est le premier projet industriel d'ampleur (800 m2 de capteurs et 8 m3 de stockage, soit une puissance installée de 350 kW) après les deux pilotes implantés à l'école des Mines et auparavant au CEA Cadarache. Mais ce n'est pas le dernier. La technologie peut également être mise à profit pour des opérations de climatisation, de production d'électricité décentralisée ou même pour des opérations de dessalement d'eaux. La start-up a ainsi une trentaine de projets en cours et la réussite du projet avec Cofely pourrait lui en ouvrir de nouveaux, Cofely étant déterminé à généraliser l'usage de cette technologie dès que les résultats de cette première réalisation seront tombés. Les travaux de l'unité de Balma devraient débuter d'ici quelques semaines pour un démarrage opérationnel de l'unité à l'été 2012.
Publié le 17 avril 2011 12:01:20
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