
Air- Santé
Manque de données sur les émissions de COV des produits ménagers
L'Inéris a réalisé à la demande du ministère en charge de l'Ecologie un rapport préliminaire sur les émissions dans l'air intérieur de polluants volatils par des produits ménagers de type désodorisants ou nettoyants. Ce rapport met en exergue le manque de données concernant les émissions de ces produits et le niveau d'exposition des utilisateurs.
La loi Grenelle de l'environnement prévoit qu'à partir de 2012 les produits d'ameublement, de construction et de décoration soient soumis à un étiquetage obligatoire précisant notamment leurs émissions dans l'air de polluants volatils. L'article de la loi relatif à ce sujet stipule également que "dans un délai d'un an à compter de la publication de la loi, l'Etat publiera une étude sur la nécessité d'étendre ces mesures à d'autres catégories de produits de grande consommation susceptibles de polluer l'air intérieur dans les domiciles ou les lieux publics clos, tels que les produits d'entretien ou ayant pour fonction d'émettre des substances volatiles dans l'air ambiant (désodorisants)". C'est donc dans ce cadre qu'a été demandé à l'Inéris de réaliser l'étude sur l'étiquetage des produits de grande consommation aujourd'hui rendue publique, afin de déterminer la pertinence d'un étiquetage et sa faisabilité.
Il ressort ainsi de l'étude préliminaire sans doute une réelle nécessité d'envisager l'étiquetage, compte tenu de la réalité des émissions de polluants dans l'air. Mais le rapport souligne surtout les difficultés liés au déficit de données disponibles et accessibles sur les émissions de substances polluantes par les produits de grande consommation. Ainsi, les experts français concluent à la nécessité de réaliser des travaux expérimentaux complémentaires. Les experts de l'Inéris n'ont cependant pas été totalement démunis, notamment parce qu'ils avaient déjà mené en 2009 une étude sur les données disponibles relatives aux émissions de ces produits d'entretien courants. Ils sont notamment appuyés sur des travaux déjà menés par le Bureau européen des unions de consommateurs, qui avaient été réalisés en 2005 sur les désodorisants d'intérieur, avec des expérimentations chez des utilisateurs (prélèvements en usage réels). En outre, le l'Agence danoise de protection de l'environnement a réalisé elle-aussi de nombreux travaux sur divers produits dont deux études sur les produits de nettoyage et les désodorisants. L'objectif de l'Inéris était de réaliser un référentiel de classification des produits en fonction de leur usage et des composés majoritairement émis, et d'établir un indicateur de risque. Les données disponibles pour un très large panel de produits courants ont été analysées : diffuseur électrique, sprays, diffuseur liquide ou gel, bougies parfumées, encens et produits multi-usages divers de nettoyage (liquides, sprays et lingettes). Ont aussi été décryptées les données existantes sur les fréquences d'usage, la teneur en substances de ces produits, les concentrations inhalées, les effets sanitaires. Quelques conclusions ont ainsi pu déjà être tirées sur ces produits, notamment que le formaldéhyde et le benzène tiraient l'indicateur de risque. Cependant, les experts de l'Inéris soulignent aussi qu'il reste une forte incertitude sur l'estimation des expositions, la majorité des données disponibles étant issues de la modélisation. Il est donc impératif d'affiner les connaissances sur ces expositions pour ces polluants mais aussi d'approfondir celles sur l'exposition et la dangerosite à long terme des fragrances sensibilisantes (famille des terpènes : limonène, linanol...) émises par les désodorisants. Notons que le rapport de l'Inéris conclut cependant sur une recommandation sur le taux de produits CMR acceptable dans ces produits de consommation courante. En effet, il s'avère que la limitation de concentration à 0,1 % telle qu'elle est prévue par le réglement Reach s'avèrerait insuffisante pour atteindre des concentrations inhalées suffisamment basses pour l'usager.
Publié le 22 avril 2011 11:13:36
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